Les invités de ce blog


Notre invitée: Catherine Sandner - 'Trouver (enfin !) l'homme de sa vie' et 'Comprendre son homme (pour mieux l'éduquer)'
Pour ouvrir le bal des interviews des auteures/bloggeuses qui composent l'équipe des drôles de dames de la collection "On n'est pas des courges!", je suis ravie d'accueillir Catherine Sandner, que vous connaissez peut-être mieux sous le pseudonyme de Juliette, notre "madame mode d'emploi" qui sait si bien disserter, sans concession, avec drôlerie et justesse, sur les hommes à travers son blog "Le Monde de Juliette". Elle vient donc de publier deux mini-guides "Trouver (enfin !) l'homme de sa vie" et "Comprendre son homme (pour mieux l'éduquer)", disponibles dans toutes les librairies et sites marchands depuis le 21 février.

Tes deux premiers ouvrages, parus le 21 février, abordent un même thème : l’homme, de la capture de l’hypothétique prince charmant jusqu’aux règles clés pour savoir l’éduquer. Est-ce toi qui a librement choisi ce sujet ou Hachette te l’a-t-il suggéré après lecture de ton blog ?
En fait, c’est un cas typique de « grands esprits qui se rencontrent ». Comme j’ai parfois l’impression que le sens de ma vie c’est de la raconter aux autres, de créer du lien, de transmettre mon expérience pour qu’elle soit utiles à d’autres, une idée de collection genre « trouver l’homme de sa vie en 10 leçons » me trottait depuis un moment dans la tête. Les 10 leçons sont devenues les courges. L’esprit de la collection : transmettre de façon ludique un message de fond (le côté « futile mais fondamentale ») correspondait exactement à ce que je cherchais à faire. Enfin, comme les relations hommes/femmes représentent mon champ d’investigation favori, j’ai tout de suite sauté sur ces sujets.

En quoi ton blog, les blogs en général et tes fidèles lecteurs ont-ils été utiles à l’écriture de « Trouver (enfin !) l’homme de sa vie » et « Comprendre son homme (pour mieux l’éduquer) » ?
Ce que je trouve le plus passionnant dans le phénomène blog, ce qui fait sa différence par rapport à n’importe quel autre support d’expression c’est l’interactivité avec le « public ». Pour moi, l’esprit même du blog c’est de créer du lien, de nourrir le débat, de rebondir d’un article à l’autre, d’un blog à l’autre… Et j’ai voulu aller au bout du concept en intégrant cet aspect dans mon écriture. Non seulement, j’ai lancé les sujets sur mon blog au fur et à mesure de mon écriture mais j’ai profité des rubriques « blog de fille » pour intégrer des extraits d’autres blogs dans mes guides, faire découvrir d’autres personnalités de bloggers, d’autres points de vue sur le sujet. Certaines thématiques s’y prêtent mieux que d’autres, pour le sexe je n’ai pas trouvé de blog vraiment amusant et pertinent à mettre en valeur, du coup, j’ai inventé mes « blogs de fille » moi-même en mettant les articles au fur et à mesure sur mon blog.

Le point le plus étonnant dans ton aventure littéraire est qu’Hachette t’a contacté après seulement 3 semaines de blogging. Comment expliques-tu un succès si rapide ? Quelles qualités ont accroché immédiatement l’œil de ces professionnels de l’édition à ton avis ?
Je n’ai qu’une explication : le méga coup de bol… Faut croire qu’on était faits l’un pour l’autre, cette collection et moi. Si j’avais créé mon blog un mois plus tard, elle me passait sous le nez ! Je pense aussi que, si on s’est mis d’accord avec l’éditeur en deux heures au téléphone, sans même se rencontrer et sans test en amont, c’est que a) Il était super pressé, b) J’avais déjà donné dans la chicken littérature avec mon roman « Juliette fait de la télé » sorti chez Stock, c) J’étais rassurante vis à vis des contraintes de par mes antécédents professionnels, d) J’avais déjà pratiqué ce type de format et de pagination en écrivant des guides touristiques, e) Les posts de ma rubrique « nos amis les hommes » étaient déjà pile poil dans l’esprit de la collection et pouvaient faire office de « test ». L’éditeur cherchait des « plumes différentes et très personnelles pour rédiger un texte à la fois riche en infos, drôle, léger et déculpabilisant » et il paraît que mon blog « drôle, voire très drôle, et toujours juste » démontrait des qualités en phase avec le projet.

Ces ouvrages sont essentiellement destinés aux femmes, célibattantes urbaines ou mères de famille insurgées. Crois-tu néanmoins que les hommes peuvent se plonger dans cette lecture ? N’as-tu pas peur qu’ils trouvent tes propos, certes drôles, mais parfois trop cruels et incisifs à leurs égards ?
Soyons clairs, on se défoule aussi un peu entre femmes à travers cette collection, que les hommes ne sont de toute façon pas sensés lire. Et puis j’ai été plutôt sympa puisque j’ai négocié avec mon éditeur d’inclure une rubrique « Blog de mec » histoire de leur donner la parole à eux aussi. Mais en fait, ce qui me surprend finalement au vu des commentaires de mec sur les posts que j’ai déjà diffusé sur mon blog, c’est que la plupart réagissent avec humour, auto-dérision, et reconnaissant qu’il y a un fond de vrai dans la charge. Ce qui est tout à leur honneur. Et puis je ne suis pas toujours tendre avec nous autres les femmes, nous devons aussi parfois nous remettre en cause car tout n’est pas toujours de la faute des hommes.

Le troisième volume « Sexe, orgasmes et autres (ré)jouissances », qui paraîtra au mois d’avril, abordera avec un ton léger, mais sans langue de bois, un thème, somme tout délicat, qui peut vite tomber dans le graveleux si l’on ne calme pas sa plume. A-t-il été plus difficile à écriture ou encore plus amusant car touchant un sujet croustillant ?
En fait, la différence principale tient au fait que c’était une « commande » et non un sujet que je voulais absolument traiter. Je l’ai fait pour le challenge. J’ai mené une investigation assez poussée en m’inspirant d’une cinquantaine de sources différentes, du coup j’ai appris des choses hallucinantes ! C’est vrai que mon éditeur a corrigé quelques termes un peu trop crus mais à ma propre surprise il n’a censuré aucune info, aucun sujet. Et tant mieux car c’est sur les sujets qu’elles n’osent pas aborder que les femmes se posent le plus de question. J’avoue qu’il a été plus laborieux à écrire et parfois, quand j’avais passé 10 heures non stop à écrire sur le sexe, je me sentais un peu écoeurée à la fin de la journée (comme si j’avais passé la journée à mater un film porno).

Avant de participer à cette collection de mini-guides que tu juges psycho-humoristiques, tu avais déjà publié « Juliette fait de la télé » aux Editions Stock. En quoi cette deuxième expérience en tant qu’auteure a-t-elle été différente ?
« Juliette fait de la télé » est un roman par lequel je propose de faire vivre par procuration les joies et les peines d’une telle expérience, en respectant les contraintes de la fiction (même si autobiographique) et les codes du récit (avec du suspens, des rebondissements…). Là il s’agit de guides où j’essaye, au-delà des recettes éculées et des théories convenues, d’accompagner le lecteur dans un processus de découverte de soi et des autres. Sans lui prendre la tête, en restant accessible, facile à lire et à comprendre. A chaque fois je fais un travail d’investigation pour valider et compléter mon propre expérience. Ça fait super prétentieux mais pour moi c’est important que ces guides ne soient pas seulement marrants à lire, mais utiles au lecteur (c’est ce que j’appelle le double effet « Kiss Courges »).

Je sais que tu planches actuellement sur un quatrième opus : « Tous gérer sans péter un câble », peux-tu nous en dire un peu plus, histoire de nous allécher ? Est-ce qu’il s’agira de ton ultime « courge » ou comptes-tu encore jardiner dans le potager de chez Hachette ?
Le problème, c’est que je suis en plein dans la phase « j’y arriverais jamais ». Le démarrage des bouquins est toujours super laborieux, la structure se met peu à peu en place dans ma tête mais l’écriture avance très lentement. Et puis quand j’arrive vers la moitié du bouquin, c’est le contraire, mon clavier n’arrive plus à suivre mes pensées, les idées s’entrechoquent, elles m’empêchent de dormir, me font lever au milieu de la nuit… Si je m’écoutais, je ne ferais qu’écrire, sans m’habiller, manger, dormir ou sortir de chez moi. Si bien que je prends à peu près trois fois plus de temps à écrire la première moitié du bouquin qu’à le terminer. Je n’ai donc pas vraiment, à l’heure actuelle, les moyens de vous allécher. Je vais encore une fois essayer de proposer un travail de fond sur ce qui nous empêche de profiter de la vie (en particulier, la culpabilité et le perfectionnisme, avec cette petit voix intérieure qui sabote notre capacité au bonheur et que j’appelle le petit rat…) plutôt que de me limiter à des recettes pratiques. Quand au potager de Hachette, je planterais des courges tant qu’il leur sierra. Pour qui prétend comme moi que partager son expérience donne du sens à ma vie, c’est une occasion qui ne se refuse.

Merci Catherine de nous avoir présentée tes ouvrages et d'avoir répondue si spontanément à cette série de questions. Dès réception, je vais m'empresser de les parcourir et je reviendrai dans un prochain billet soumettre mon avis en tant que femme, en tant que lectrice et en tant que bloggeuse.

Pour retrouver Catherine, n'hésitez pas à visiter son blog: Le Monde de Juliette

Emilie Genévrier